Née en 1981 à Villeneuve sur Lot, vit et Travaille à Marseille
et Turin
Exposition Sempervivum Decorum à la galerie Sintitulo, septembre 2010 (cliquez ici).
Saturées de références jusqu’au kitsch, les photographies d’Aurore Valade
s’offrent comme des cabinets de curiosités révélant des intimités organisées.
D’un réel improbable, Aurore fait de l’authentiquement faux avec des artifices
et des procédés falsificateurs qui rapprochent son travail autant qu’ils l’éloignent
d’un geste documentaire. Reconstitutions à la fois crédibles et peu
vraisemblables, ces images en affirmant leurs références à la peinture,
s’affranchissent de toute objectivité. Le foisonnement de détails proposés se
révèle bavard, mais est-ce le décor qui correspond au personnage ou l’inverse ?
Denis Driffort / Pollen
Dans cet inventaire saugrenu à la Perec, on sursautera peut-être
devant la présence de cactus. Mais, couverts de graffitis comme un vieux mur de
Pompéi, pris au flash dans une lumière nocturne de cimetière, les clichés qui
les représentent n’en sont pas moins des portraits comme les autres. Non des
portraits d’aloès ou d’agaves mais des portraits de fantômes d’aujourd’hui.
Ceux qui, nuitamment, viennent couvrir le moindre coin ou recoin de suppliques
à leur maman, de noms tarabiscotés et de signatures enjolivées qu’on appelle
graffs ou tags. Isolées dans la lumière photographique, ces plantes aux barbes
rêches deviennent plus humaines que le plus sentimental des humains. Dressant leurs
piquantes feuilles d’artichauts du désert couvertes de suppliques humaines, ces
dazibaos végétaux font plus que revendiquer un statut.
François Bazzoli, « Des éclats
d’Aurore... », 2007